| L'OM, c'est l'Amérique ! |
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| Écrit par Paul Marchesi | |||||||||||||||||
| Vendredi, 06 Novembre 2009 13:11 | |||||||||||||||||
Il n'y a pas qu'à Marseille qu'on supporte l'OM. A New York aussi. Depuis 2003, un groupe de fans, en mal de Provence, se réunit chaque week-end pour suivre les matches des hommes de Didier Deschamps. Leur fief: le Nevada Smiths, rebaptisé le "Nevadrome". Pas de mineurs, mais du pastaga. Welcome to the States. Avé l’accent.
"Dans la France, l'OM. Dans l'Europe, l'OM. Dans le monde, l'OM. Allez les Marseillais !" C'est bien connu, tout est exagéré sur la Canebière. Surtout dès qu'il s'agit de l'Olympique de Marseille. "Dans la France, l'OM", pourquoi pas ? "Dans l'Europe, l'OM", c'était vrai il y a quinze ans. Mais "dans le monde, l'OM", il ne faut quand même pas se foutre de notre gueule. Sauf que si: Didier Deschamps et ses joueurs ont, sur une autre échelle que le Real Madrid, l'AC Milan ou Manchester United, des aficionados all around the world. Comme à New York, où un groupe de supporters s'est monté. C'était il y a un peu plus de six ans et à l'époque, l'OM commençait tout juste à retrouver de l'ambition. Pourquoi New York et pas Los Angeles ? "En arrivant à New York, j’ai tout de suite ressenti qu’une partie de mes racines me manquerait toujours, en particulier les soirées olympiennes, raconte sur le site du groupe Xavier Thibaud, à l'origine du projet. Le pari de recréer une ambiance typiquement provençale était alors lancé." Cigales, pastaga, tongs et pétanque dans les rues de la Big Apple ? Pas loin. Boules en mains, le président d'OM-New York est d'ailleurs doué puisqu'il est champion des Etats-Unis. Et il a vite entraîné Thierry Julliard, qui gère les relations publiques. "Je suis arrivé sur Manhattan en juin 2007 pour poursuivre mes études de Business, explique-t-il. Une semaine plus tard, je découvrais la pétanque par hasard en me promenant dans le Washington Square Park. Et là je me suis dit: "il ne manque plus que je puisse voir les matches de l’OM et c’est bon, je reste ici !" L’OM est une passion qui n’a pas de frontières, j’ai ça dans le sang." "Depuis que nous y sommes, ils proposent du Ricard…" A New York, lui et beaucoup d'autres sont donc tombés à pic. Car par "ambiance typiquement provençale", il faut surtout comprendre chaude atmosphère autour des écrans géants et des télévisions du Nevada Smiths, rebaptisé le "Nevadrome", plus grand bar à foot de la ville. A défaut du stade Vélodrome, à plus de 6.000 kilomètres de là. "Bien sûr, depuis que nous y sommes, ils proposent du Ricard, annonce Alex Pïchon, dit "La Piche". Moi, je viens du Connecticut pour mater les matches, mais il y a aussi des gars du New Jersey, de Pennsylvanie et puis de nombreux touristes français." Les gros soirs, style OM-PSG ou OM-OL, ils sont plus de deux cents à s’entasser sur 3rd avenue entre 11th et 12th street, au cœur de Manhattan. "Le nombre de supporters varie selon les matches mais on peut compter sur un noyau dur d’une cinquantaine d’irréductibles pour un match en pleine semaine, d’une centaine les week-ends et plus de trois cents pour le clasico qui se joue ici aussi à guichets fermés !", précise Thierry Julliard. Et si les touristes sont en galère et ne savent pas où mater les matches, ils peuvent toujours se rencarder sur omnewyork.com, Twitter ou le groupe Facebook, créé par "La Piche" et qui compte 538 membres. "Ça impose une énorme organisation, dit-il. C'est pour ça qu’on essaie d'être structurés au maximum. Il faut toujours se renseigner pour savoir si le match sera bien retransmis et après, il y a un gros travail de communication à faire. […] Un truc de fada, quoi !" Reste que supporter l'OM au pays des hot-dogs et des Diet Coke a des inconvénients. Le décalage horaire, déjà. Tout le monde ne peut pas forcément se libérer en début d'après-midi, surtout en milieu de semaine pour la Ligue des champions. C'est à celui qui sera le plus malin. "C’est marrant quand les collègues arrivent en costard-cravate avec le maillot de l’OM par dessus !", rigole Thierry Julliard. "Certains ont la chance d'être étudiant ou d'avoir un travail assez flexible, poursuit Alex Pichon. D’autres, comme moi parfois, posent carrément leur journée pour aller voir le match. Eh oui: un jour de vacances en moins pour vivre sa passion, ça vaut le coup." La Coupe de la Ligue ? Pareil qu'en France, on s'en cogne. Et, comme le rappelle assez souvent l'attaché de presse du groupe, "les personnes de moins de dix-huit ans non accompagnées par leur parents ne peuvent pas rentrer dans le bar. Age légal vingt-et-un ans et carte d'identité obligatoire." "Notre club est vraiment cosmopolite, à l'image de Marseille et de New York" Pas si cool, ces Ricains. Il faut les comprendre aussi. Chez eux, le foot se joue d'abord avec un ballon ovale, des casques, des protections, des perches… et des stéroïdes. L'autre version, c'est du soccer, du pipi de chat. "Parfois les gens nous regardent bizarrement lorsqu’on chante tous en groupe en se rendant au Nevadrome dans le métro", s'amuse Thierry Julliard. Mais cela n'empêche pas ces lovers de l'OM de s'afficher avec leur maillot ciel et blanc sur les épaules. Et de le mouiller, comme lorsque Santos Mirasierra a été incarcéré à Madrid après une houleuse rencontre de Ligue des champions contre l’Atlético. "On s’est regroupé à Time Square avec nos maillots, écharpes et banderoles spécialement confectionnées pour faire entendre notre voix sur cette affaire", se souvient "La Piche", connu pour sa fâcheuse tendance à "lancer pas mal de chants de supporters." Et s'ils croisent au hasard d'un carrefour des supporters parisiens en chaleur, pas d'émeute. Même si le clasico est reporté, ça chambre, ça chante, mais ça ne se s'embrouille pas. "Nous voyons quelques supporters du PSG lors des matches nous opposant à eux, mais ils sont beaucoup moins nombreux, note Alex Pichon. Ça nous donne l'occasion d'entonner quelques chants bien connus dont je tairai les paroles..." C’est plus sage. "Notre club est vraiment cosmopolite, à l'image de Marseille et de New York", apprécie Mike dans La Provence. Près de 70.000 Français errent dans la Big Apple. De quoi remplir le Vélodrome ce week-end contre Lyon. Un jour ou l’autre, who knows ? Car comme l’écrit Xavier Thibaud: "We have a dream."
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